Monday, February 18, 2008

Passang Dorjee



Je suis environ 20 minutes en retard. Mon petit amour m’attend assis dans les escaliers dehors. Il bondit sur ses pieds a la vue de mon arrivée en me donnant un de ses sourires radieux. Je le salut avec autant de joie et d'excitation qu'un enfant de son âge (il a 7 ans) a la vue de son ami préféré, et lui remet le gros melon d'eau que je lui ai apporté en cadeau, il fait si chaud, c'est comme si je lui avais offert une fontaine! Il le prend bravement dans ses bras et se bat avec l'escalier jusqu'au 2e étage.

Je suis bien heureuse de mon accueil. Il pose le melon à la chambre de son maitre spirituel (il a déjà un maitre spirituel, petit chanceux) et me prend par la main me suppliant d'aller "cham-cham" ; il ADORE marcher. Il sait pourtant très bien qu'il n'a pas a me supplier, c'est le moment le plus sacre pour moi de toute la journée, notre longue marche. Il est si joyeux, si drôle, charismatique, mature et intelligent. J'adore l'observer. Je ne sais pas à quel point il se rend compte de sa situation. Il ne verra surement plus jamais sa maman de sa vie. Je ne sais pas si vous vous rappelez avoir 7 ans, mais ça doit être un concept extrêmement épeurant. Il doit bien le savoir, tous les adultes parlent de sa situation ouvertement devant lui. Au moins, ils ne lui mentent pas.

Il est très chanceux dans sa malchance, mais cette malchance existe tout de même. Il est arrivé ici dans un tourbillon d'événements. Un vieux moine a offert a ses parents trop pauvres pour nourrir leurs 4 enfants, de lui offrir la chance de devenir moine, avoir une bonne éducation, de quoi manger et de bons soins, autant physiques qu'émotionnels. Ils n'ont pas hésité, leurs autres enfants plus vieux ne savent ni lire ni écrire et ne le sauront jamais, ils vivront le même sort que leurs parents dans ce cercle vicieux. Lui, au moins, aura le monde devant lui. Le vieillard l'a donc amené avec lui au sud de l'Inde, dans ce camp de réfugiés, avec l'espoir que son vieil ami l'accepterait dans son monastère. Il l'a bien sûr accepté. Si vous le rencontriez, vous aussi diriez oui tout de suite. Il ne peut pas accepter tout le monde, ils sont très nombreux, mais Passang a quelque chose de magique, une vieille âme.

Son maître n'arrête pas de dire que Passang est béni d'un bon karma, et je le crois sans hésitation. Il est fait pour ce qu'il est en train de vivre, je suis sur qu'il verra le monde, il voyagera, rencontreras plein de gens qui l'aimeront. Et déjà avec son premier long voyage, ici, loin de sa famille et tout ce qu'il connaît, il semble filer le bonheur, il n'a jamais l'air malheureux, et il rencontre plein de gens qui l'aiment, en commençant par moi. Je lui promets de l'aimer, d'être la pour lui s'il a besoin, quand je ne suis pas physiquement ici, je suis a un téléphone près. Il peut m'appeler n'importe quand, même si nous ne parlons pas encore la même langue, ça viendra, et je serais encore la dans quelques années quand il parlera couramment anglais et moi tibétain. Sa première année de soins et d'éducation est déjà réglée, et s'il y a d'autres besoins imprévus qui font surface, je ferais tout ce que je peux pour les assumer. Je t'aime petit Buddha. Je vous quitte, j'ai une longue marche à prendre...

1 comment:

Miléna said...

Bienvenue dans la blogosphère, chérie! Je t'envoie de ce pas un courriel...

Je t'aime